lundi 21 novembre 2011

La fin d'un conte de fée

Un certain dimanche après-midi, je passais une belle journée à cheval. Il faisait soleil, le temps était doux. C’était la journée parfaite. Je me sentais libre du monde. Mais un nuage gris est apparu. Non seulement pour moi, mais pour tout le monde équestre : Hickstead est mort.
«Mais qui est Hickstead ?», allez-vous me répondre. Laissez-moi vous raconter son histoire…
Il était une fois, un cheval est né chez des éleveurs aux Pays-Bas. Il était trop petit pour être enregistré dans leur «Studbook» et était jugé très difficile à monter. On ne lui annonçait pas une grande carrière. Mais vient un jour où un montréalais du nom d’Éric Lamaze le monte pour la première fois. Hickstead était talentueux, mais imprévisible et c’est après quelques compétitions qu’il remporte avec Lamaze qu’un conte de fée est commencé.
Le couple Lamaze-Hickstead gravit les échelons et arrive rapidement dans les plus hautes classes de sauts d’obstacles du monde. En 2008, ils remportent les olympiques de Beijing et depuis ce temps, lorsqu’ils entrent sur un terrain de compétition, c’est la victoire assurée.
Lorsque je regardais les compétitions internationales à la télévision, je faisais toujours des paris avec mon père. «C’est Lamaze qui va gagner!», que je disais à mon père qui n’y connaît pas grand-chose. Il me répondait en me pointant un autre duo : «Celui là à l’aire bon, c’est lui qui va gagner!». Il va sans dire que je gagnais toujours mes paris…
 Les amateurs de compétitions d’obstacles retenaient leur souffle pendant les quelques minutes des parcours et ne pouvaient détacher leurs yeux de cette équipe parfaite, qui plus est, représente le Canada lors de compétitions internationales. Hickstead a même gagné le titre de «Meilleur cheval du monde» l’année dernière lors d’une compétition très difficile l’opposant aux meilleurs chevaux et cavaliers au monde. Ses éleveurs ont du s’en mordre les doigts!
«Hickstead et moi avions un peu la même personnalité. On aimait gagner tous les deux. Et on avait la même énergie, qui se transformait en des choses incroyables.» - Éric Lamaze
Mais le monde équestre a été bouleversé le 6 novembre 2011 : Hickstead est mort sur le terrain de compétition…
Après avoir réalisé un parcours avec quatre points de pénalité (une pole tombée par terre) au Grand prix de Vérone en Italie, l’équipe allait quitter le terrain lorsque Hickstead s’est effondré, victime d’une crise cardiaque avec son cavalier près de lui, impuissant.

Lorsque j’ai appris la triste nouvelle, j’ai été bouleversée, tout comme les autres cavaliers proches de moi, tout comme les milliers de cavaliers canadiens, tout comme les millions de cavaliers à travers le monde. Nous avons perdu notre idole.

Quelques personnes pourraient dire : «Ce n’est qu’un cheval, il va s’en remettre!». En tant que cavalière, je sais qu’Éric Lamaze doit être démoli par la perte de son cheval. Ce n’était pas simplement un animal, mais un ami, un coéquipier avec qui il a vécu plusieurs années incroyables.  
La perte de son cheval a même amené Lamaze à remettre en question sa carrière sur les terrains de compétition.
«C'était le meilleur cheval au monde. Et il n'y en aura peut-être jamais d'autre comme lui», a déclaré Éric Lamaze, qui espérait remporter pour une deuxième fois un titre olympique avec son compagnon.
Le monde équestre est aux côtés d’Éric Lamaze et souhaite de tout cœur qu’il puisse se retrouver une monture aussi exceptionnelle que l’a été Hickstead.
Adieu Hickstead, repose en paix champion…

Lamaze et Hickstead durant la CN International.
Ils étaient les seuls à n'avoir aucun point de pénalité!

Un parcours de barrage à couper le souffle!

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